La presse en parle

LA PROVENCE DU JEUDI 19 MAI 2011

Agnès Boeringer, « L’Arbre à Réglisse » (LITTÉRATURE)

Chronique Littérature de Jean-Rémi Barland sur l'Arbre à Réglisse, d'Agnès Boeringer: la presse en parle!

L’auteur qui vient de signer un conte poétique réussi. / PHOTO DR

En racontant la vie d’Elzéard Bouffier, l’écrivain Jean Giono signait un de ses livres les plus émouvants et transformait le destin d’un Provençal solitaire en personnage épique. Cet ouvrage qui s’appelait « L’homme qui plantait des arbres », se présentait aussi comme un hymne à la Provence et à la concorde entre les êtres humains.
Il en va de même avec l' »Arbre à réglisse », que l’Aixoise Agnès Boeringer vient d’autopublier aux éditions II Piccolo qui portent le nom du théâtre qu’elle co-dirige avec son mari.
L' »Arbre à réglisse » possède d’étranges vertus aphrodisiaques et permet à tout un village de se repeupler. Dans ce pays jamais nommé mais qui est à l’évidence situé dans une Provence à la « terre sèche fripée comme une vieille fille », il étend sa ramure comme un linge au soleil.
Quand Célestin en découvrira l’existence son destin en sera changé. Enfant rescapé, élevé par une voisine à la mort de sa mère, il va traverser l’existence de l’arbre en compagnon d’infortune, veillant sur lui et nous racontant son étrange destin.
Avec beaucoup de poésie et un style où la métaphore voisine les dialogues savoureux, Agnès Boeringer décrit toute une communauté d’humains aux fortes personnalités dont Mademoiselle Geneviève de La Tourelle femme qui parle fort et gesticule beaucoup. Ou encore Cesario Le Favre et Appolyte, dont on n’est pas prêt d’oublier la candeur, la naïveté et la générosité mêlées.
Dans ce conte aux saveurs sudistes, Agnès Boeringer parvient à nous faire croire que les arbres éprouvent comme les humains de la tristesse et que posés sur un plateau « balayé par les vents, rongé par les pierres, usé par le soleil et la pluie », ils peuvent se mourir de chagrin.
Se déroulant sur plusieurs années voire plusieurs générations, l’intrigue de l' »Arbre à réglisse » n’est en rien rationnelle et se veut une sorte de peinture imagée de tous les jardins secrets que nous entretenons au fond de notre coeur.
Ainsi cet hymne à la vie, au respect des anciens et à la nécessité de voir les générations s’entraider nous touchent par son intimiste lucide et sa générosité constante. Une réussite.

Jean-Rémi BARLAND
« L’Arbre à réglisse » par Agnès Boeringer, éditions Il Piccolo, 210 pages, 20 €

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